close

Accoucher avec une doula

Au cours de l’histoire, il y a toujours eu des femmes expérimentées et compétentes chargées d’accompagner les accouchements. De nos jours, la doula soutient toute la famille lors de la naissance du bébé, mais aussi pendant la grossesse.

Le mot « doula » vient du grec ancien et désigne une « femme prodiguant des soins ». Faire appel à des femmes expérimentées pour soutenir les femmes enceintes au moment d’accoucher est une pratique ancestrale qui subsiste dans la plupart des cultures. Mais comment avoir recours aujourd’hui aux services d’une doula, et combien ça coûte ? Nous avons posé des tas de questions à Stina Berg, elle-même doula. Elle nous explique comment travaille une doula et revient sur les avantages que procure son soutien. Stina donne également quelques conseils aux futurs parents pour vivre l’accouchement aussi sereinement que possible.

Qu’est-ce qu’une doula ?

Une doula est une personne choisie par les parents pour apporter un soutien moral et émotionnel, mais aussi physique et pratique, avant, pendant et après l’accouchement. Contrairement à la sage-femme et au personnel médical, elle est indépendante, n’a pas de responsabilité médicale, mais est à l’écoute des parents, de leurs désirs et de leurs besoins.

Qui fait généralement appel à une doula ?

Les femmes donnant naissance à un premier ou à un deuxième enfant, les mères célibataires : toutes les femmes qui souhaitent bénéficier d’un soutien supplémentaire et se donner les meilleures chances de vivre une expérience positive et enrichissante.

Quels sont selon vous, Stina, les avantages d’une doula ?

C’est une personne supplémentaire dans la salle de travail, qui est là pour vous aider en toutes circonstances, ce qui est un vrai luxe ! C’est quelqu’un qui se fait l’écho de votre voix, vous sert, vous masse, vous informe, vous rappelle certaines choses et vous soulage. Quelqu’un qui est simplement là, à portée de main, pour créer une bonne atmosphère dans la pièce et veiller à ce que l’expérience soit aussi positive que possible.
La sage-femme et l’infirmière ne peuvent pas être aussi présentes que la plupart des femmes le souhaiteraient. Elles ont en outre des horaires de travail à respecter, ce qui les oblige à interrompre leur soutien quand leur tour de garde est terminé et que la nouvelle équipe prend le relais. Faire appel à une doula, c’est bénéficier d’un soutien supplémentaire dans la salle de travail pendant tout l’accouchement, quelle que soit sa durée. C’est également l’assurance d’un soutien continu apporté par une personne que l’on a soi-même choisie et rencontrée auparavant.
D’après mon expérience, cette sécurité est essentielle pour mobiliser la force intérieure qui permet de donner naissance. Il est souvent difficile de se rassurer lorsque l’on est entouré de visages inconnus dans un nouvel environnement. Si l’on a établi une relation avec une doula, il est plus facile de trouver l’assurance nécessaire dès que l’on pénètre dans la salle d’accouchement. Diverses études montrent que lorsque la parturiente est constamment soutenue par une personne n’appartenant pas au corps médical (partenaire, amie ou doula), l’accouchement a plus de chance d’être spontané par voie basse, plus court, de nécessiter moins d’analgésiques et d’être plus serein.

Où s’adresser pour faire appel à une doula et à quel moment la contacter ?

Le mieux est sans doute de contacter la doula avec laquelle vous désirez travailler le plus tôt possible pour vous assurer qu’elle est disponible. Le plus simple, c’est d’effectuer une recherche sur Internet pour trouver une doula dans la ville où vous habitez. La plupart d’entre elles ont un site web ou sont sur les réseaux sociaux. Prenez rendez-vous pour une première entrevue, autour d’un café par exemple, afin de voir si le courant passe. Si ce n’est pas le cas, prenez contact avec une autre doula. La chose la plus importante, c’est que vous vous entendiez bien. Lorsque vous avez trouvé la bonne personne, vous signerez un contrat qui comprend généralement une ou deux réunions préparatoires pendant la grossesse, un service de garde autour de la date d’accouchement prévue, durant laquelle la doula se tient prête jour et nuit, une présence tout au long de l’accouchement et quelques heures après. Ensuite, nous avons généralement quelques rencontres qui permettent de parler de ce que nous avons vécu ensemble pour bien conclure cette expérience.

Quel est le rôle du partenaire dans tout ça ? Risque-t-il d’être moins impliqué ?

C’est le conjoint ou la conjointe qui connaît le mieux la femme qui accouche. La doula ne peut et ne doit pas prendre ce rôle. Néanmoins, elle peut donner des conseils au partenaire pour qu’il apporte le meilleur soutien possible, se sente paisible et serein, et l’aider à renforcer sa confiance en soi pour lui permettre de jouer un rôle actif dans la naissance du bébé. La présence d’une doula lui permet de manger, d’aller aux toilettes ou simplement de se reposer pendant un moment pour faire le plein d’énergie et apporter un soutien efficace. Ainsi, la parturiente n’est jamais seule, ce qui peut la rassurer. Il est également bon de pouvoir se relayer lorsque vous commencez à avoir des crampes dans les mains à force de masser pour apaiser les contractions.
Il n’est pas facile, en tant que partenaire, d’apporter seul un soutien optimal, car vous faites partie du processus et avez donc vous-même besoin de soutien. Vous trouver à côté de la femme qui accouche peut vous donner un sentiment d’incertitude et d’impuissance, d’autant plus que vous vivez un événement qui va changer votre vie. Vous allez devenir parent !
D’après mon expérience, avoir recours à une doula permet généralement au partenaire de s’impliquer davantage dans la grossesse et l’accouchement, ce qui a un effet positif sur le lien avec le bébé et la nouvelle famille.

Combien coûtent les services d’une doula ?

Cela varie en fonction de la mission de la doula, qui peut bien entendu être adaptée à vos besoins individuels. Le prix diffère également en fonction du lieu et de l’expérience de la doula. Il se situe cependant entre 5 000 et 15 000 couronnes suédoises.

Pourquoi faire appel à une doula professionnelle plutôt qu’à une amie proche ?

Il est toujours agréable d’être accompagnée par une amie proche ou un membre de votre famille, si c’est ce que vous souhaitez. Surtout si vous n'avez pas de partenaire. L’expérience montre qu’on n’a jamais trop de soutien. Je dirais que l’avantage d’une doula certifiée c’est qu’elle est moins impliquée émotionnellement dans l’événement et peut donc se concentrer pleinement sur sa tâche. Elle dispose en outre de connaissances approfondies sur la naissance. Elle connaît parfaitement les phases de l’accouchement, les différents moyens de soulager la douleur et peut vous aider avec des méthodes non médicamenteuses telles que les massages, la relaxation, la respiration et l’acupression. De nombreuses doulas proposent en outre un soutien à l’allaitement ou à l’alimentation au biberon.

Quels sont généralement les retours des parents que vous accompagnez ?

La plupart me disent que faire appel à une doula a été l’une des meilleures décisions qu’ils aient prises dans leur vie. Vivre ensemble l’accouchement est une expérience très spéciale et les familles que j’ai eu l’honneur d’accompagner occupent toutes une place particulière dans mon cœur, une place qui, je crois, est réciproque, que nous restions en contact ou pas. De nombreux parents reviennent me voir lorsqu’ils attendent leur deuxième enfant, ce qui est très agréable.

Pour conclure, Stina, quels conseils donneriez-vous aux futurs parents pour les aider à vivre un accouchement aussi serein que possible ?

Le savoir, c’est le pouvoir ! L’inconnu est souvent effrayant. Je vous conseille donc de vous documenter sur le processus de l’accouchement, ce qui se passe dans le corps et pourquoi. Ce qui se passe lorsque nous nous avons peur ou lorsque nous sommes tendus (bonjour adrénaline !) en comparaison à ce qui se passe quand nous sommes rassurés et détendus (bonjour ocytocine !) et comment ces réactions influent sur la naissance.
Je pense qu’il faut se préparer autant que possible. Réfléchissez à ce dont vous avez besoin pour vous sentir calme et serein, au soutien que vous souhaitez et de la part de qui. Comment réunir les meilleures conditions possibles et quelle aide votre partenaire peut vous apporter. Rédigez vos souhaits, cela vous aidera lorsque vous établirez un premier contact avec la sage-femme sur place. Ensuite, je pense qu’il est important d’oser assumer son propre accouchement, d’avoir confiance en son corps et de connaître ses droits.
Une fois le travail commencé, je conseille de se détendre en relâchant son corps, de respirer « comme d’habitude », de baisser les épaules, de détendre la mâchoire et le front (pour atténuer les rides d’inquiétude) et d’essayer de terminer chaque contraction par une profonde respiration et un soupir afin de relâcher toute la tension. Essayez également de profiter des temps de repos. Demandez-vous s’il y a des affirmations positives ou des visualisations que vous aimez. Si c’est le cas, écrivez-les sur des morceaux de papier pendant la grossesse et affichez-les à un endroit que vous regardez souvent. Par exemple :

  • La force des contractions ne peut pas être plus forte que moi, la force vient de moi, c’est ma propre force !
  • La douleur n’est pas dangereuse !
  • J’ose laisser mon corps accoucher !
  • Je peux faire n’importe quoi en une minute !

Il est bon de savoir qu’une contraction n’est généralement pas une douleur aiguë constante pendant 60 secondes. Pour mieux comprendre, il faut raisonner ainsi : 20 secondes pendant lesquelles la douleur augmente progressivement, 20 secondes de douleur maximale et 20 secondes pendant lesquelles la douleur s’atténue progressivement. Il n’est pas facile d’accoucher. Et je sais qu’on a parfois l’impression que les contractions ne servent à rien, mais croyez-moi, elles servent bien à quelque chose. Chacune d’elles. Essayez donc d’imaginer le travail comme une longue corde composée de différents nœuds. À chaque contraction, un nœud se défait et vous rapproche de votre objectif au bout de la corde : votre bébé !

Une erreur s'est produite, veuillez recommencer ultérieurement.
Chargement...